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Des crêpes Suzette pour le prince de Galles

Les habitués de ce site le savent, de nombreuses recettes ont une origine royale (voir ma rubrique Art de vivre). Celle des crêpes n’y échappe pas ! Ainsi, c’est en quelque sorte au prince de Galles, futur roi Edouard VII, que l’on doit la crêpe Suzette. En 1890, le prince de Galles séjournait à Menton. Le chef Georges Auguste Escoffier officiait alors au mythique Café de Paris, à Monte-Carlo. Alors que le futur monarque s’y trouvait avec la baronne Suzanne Reichenberg, actrice de son état, il réclama des crêpes. Le cuisinier, impressionné par le couple, renversa du cognac sur les crêpes, qui flambèrent aussitôt. Pour ne pas perdre la face, il étouffa les flammes sous une pluie de sucre et fit croire au prince qu’il s’agissait d’une nouvelle recette. Le prince de Galles l’appréciant, le cuisinier proposa de la lui dédier. Mais le prince refusa cet hommage, et lui répondit : « Pas du tout, je n’en suis pas digne. Nous donnerons à cette chose merveilleuse le nom de cette jeune personne qui est avec moi ».

C’est ainsi que la crêpe Suzette serait née. J’emploie le conditionnel car il n’est pas dit qu’elle n’ait pas sa part de légende, d’autant que plusieurs versions de l’histoire existent. Dans certaines, Escoffier ne serait pas le créateur de la recette, mais son apprenti-pâtissier, Henri Charpentier. Dans d’autres, les crêpes Suzette, nappées de confiture et humectées d’eau-de-vie, seraient l’oeuvre du restaurant Maire, à Paris.
Actuellement, cette crêpe de luxe, très fine, est préparée avec du beurre fondu mélangé à du sucre, de l’orange ou de la mandarine. Elle peut également être flambée au Grand Marnier. Quant à Escoffier (1846-1935), il fut le chef le plus célèbre de son temps, et le premier cuisinier à devenir officier de la Légion d’Honneur. Considéré comme le « roi des cuisiniers » ou le « cuisinier des rois », il a modernisé et codifié la cuisine d’Antonin Carême (1784-1833), le fondateur de la haute cuisine.

Crédit photo : Bron Marshall

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