La madeleine, un dessert de roi

A sa naissance, la madeleine a tout d’un dessert de roi. Mais pour le comprendre, il faut remonter à son histoire… En 1755, Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, ancien roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, donne un grand dîner en son château de Commercy. Au cours du dîner, un domestique s’approche du duc de Lorraine et lui fait part, discrètement, d’un incident survenu dans les cuisines du château : une dispute a éclaté entre l’intendant et le cuisinier. Ce dernier a rendu son tablier et s’est retiré en emportant le dessert.Read More Pour sauver le dîner, une jeune servante du nom de Madeleine Paulmier proposa de concocter une recette de gâteau qu’elle tenait de sa grand-mère. Faute de mieux, on fut obligé d’accepter. Contre toute attente, les augustes invités furent conquis par ce gâteau à la forme si particulière. Soulagé, Stanislas Leszczyński aurait alors demandé qui était l’auteur de l’exquise pâtisserie et la présenta à la noble société. Puis, il baptisa ce gâteau du prénom de celle qui prépara ce dessert mémorable qui fit la renommée de la ville. La recette de la Madeleine de Commercy était née.

Stanislas Leszczyński

 

Plus tard, la reine Marie Leszczyńska, fille de Stanislas et épouse de Louis XV, fit connaître le gâteau à Versailles, suite aux visites de son père. On voulut l’appeler le gâteau de la reine, mais elle préféra que son nom d’origine fût conservé, en hommage à Madeleine Paulmier.
Durant le XIXe siècle, l’essor de la tradition pâtissière de Commercy contribue au développement de la madeleine qui conquiert la France entière. On la sert au goûter, déclinée dans des parfums différents (au chocolat, par exemple). Mais c’est l’écrivain Marcel Proust (1871-1922) qui donnera à la madeleine son prestige et sa poésie, et la fera entrer définitivement dans le patrimoine culinaire français. Dans le roman Du côté de chez Swann, en dégustant une madeleine trempée dans du thé, le narrateur est envahi par un plaisir incommensurable qui lui fait se remémorer son enfance. La métaphore de la madeleine de Proust est désormais une référence mondialement connue. C’est le détail qui rattache au passé, qui réveille les souvenirs. Et, à mon sens, la scène de la madeleine est l’une des plus belles pages de la littérature française.

La madeleine du XVIIIe siècle est de bonne dimension : elle est quatre fois plus grosse que « la petite madeleine » que l’on trouve de nos jours, et atteint la taille d’une belle coquille Saint-Jacques. Cette pâtisserie se prépare encore aujourd’hui dans un moule en forme de coquille St Jacques. Elle présente une belle couleur jaune doré à l’extérieur et une mie jaune clair et très moelleuse à l’intérieur. La particularité et le moelleux des Madeleines de Commercy est due aux blancs d’œufs battus en neige que l’on incorpore à la pâte. Composée de beurre, de farine, de sucre et d’une larme de fleur d’Oranger, elle régale petits et grands.

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Auteur de l’article : L'auteur

Je suis Lova. J'ai créé Joli Goûter en 2012 parce que j'adore le thé, le tea time et tout ce qui se rapporte à la gourmandise (pâtisserie, cake design, bonne cuisine). J'aime découvrir de nouvelles adresses et les partager. J'apprécie tout ce qui flatte aussi bien les papilles que les pupilles ! Ainsi que l'art de vivre qui y correspond.