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L’histoire du thé de Ceylan, l’or vert du Sri Lanka

Rien ne prédestinait l’île de Ceylan – appelée depuis 1972 le Sri Lanka – à devenir l’île du thé qu’elle est aujourd’hui. En effet, sous la colonisation britannique, c’est la culture du café qui prédominait alors dans ce pays. Comment le thé de Ceylan a-t-il pu devenir l’un des thés les plus connus au monde ?

histoire du thé de ceylan

Le thé dans les colonies britanniques

Au début du XIXe siècle, seule la Chine fournissait en thé les pays occidentaux. Mais la British East India Company espérait pouvoir se passer de ce fournisseur trop protectionniste à son goût. C’est ainsi qu’elle pensa à produire du thé dans les colonies asiatiques du Royaume-Uni (Inde, Ceylan). Après diverses explorations, on découvrit l’existence de théiers sauvages dans la région de l’Assam, en Inde. En 1839, l’Assam Tea Company fut créée pour lancer l’exploitation du thé dans cette région. Mandaté par le Comité du Thé, Robert Fortune parcourut la Chine pour percer les secrets de la fabrication du thé. « L’espion » revint avec des informations, des plants de thé et même des préparateurs chinois.

Du café au thé de Ceylan

Depuis 1834, le café était massivement cultivé sur l’île de Ceylan, les plantations recouvrant une grande partie du territoire. Mais en 1869, un parasite, le champignon Hemileia Vastatrix, surnommé « le charbon du café », détruisit totalement la production de café. L’Écossais James Taylor eut l’idée de planter à Ceylan des théiers provenant de Chine et d’Assam. Il planta les premières graines de Camellia Sinensis à Nuwara Eliya. Elles provenaient du jardin botanique royal de Peradeniya, à Kandy. Les semences se transformèrent en de superbes arbustes qui produisirent des thés d’excellente qualité. Le thé de Ceylan était né ! James Taylor développa la technique de la cueillette fine. Les conditions de culture du thé étant identiques à celles du café, de nombreuses plantations de café furent alors converties en plantations de thé…

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Pour cultiver ces terres, les Anglais firent venir d’Inde des Tamouls pour travailler dans leurs exploitations. Aujourd’hui encore, par tradition, les descendants des Tamouls sont les seuls à travailler dans les plantations de thé.

Un Irlandais nommé Thomas Lipton racheta de nombreuses parcelles de terrain à Ceylan pour y faire pousser ses plantations en y appliquant des méthodes de manufacture modernes et industrielles. Il fut le premier à commercialiser ses thés directement en paquets dans ses comptoirs européens, et non en vrac. Auparavant, le thé n’était commercialisé qu’en vrac, emballé dans des caisses de 20 kgs.

En 1875, la première expédition de thés de Ceylan arriva à Londres et se vendit à un très bon prix. En 1893, un million de paquets de thé de Ceylan furent vendus à la Foire Mondiale de Chicago.  Le thé de Ceylan était le grand favori pour sa qualité inégalable. A partir de 1887, les importations de thé de Ceylan dépassèrent celles venant de Chine. Le réseau des chemins de fer et de transports se développa sur l’île pour soutenir la culture du thé.

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Un thé d’exportation

Aujourd’hui, les plantations de thé couvrent une grande partie de l’île du Sri Lanka et s’étendent jusqu’à 2500 m d’altitude. La classification se fait en fonction de l’altitude à laquelle le thé a poussé : low-grown en-dessous de 600 mètres, mid-grown entre 600 et 1200 mètres et high-grown au-delà.

On reconnaît un thé de Ceylan à sa superbe couleur cuivrée et à son parfum vif et épicé. Quant à son arôme, il est sensiblement différent d’une région à l’autre, les thés d’altitude étant souvent considérés comme les meilleurs et les plus recherchés. La lenteur de leur croissance lui confère leur valeur ajoutée. Les thés sont classés en 5 grands crus selon leur provenance : Kandy, Uva, Dimbulla, Ruhunu et Nuwara Eliya, le plus prestigieux.

Comme en Inde, la culture du thé est organisée en jardins, dont le nom est précisé chaque fois que le thé provient exclusivement de l’un d’entre eux. La cueillette du thé est toujours effectuée par les femmes tamoules, drapées dans leurs saris colorés.

Le thé est la boisson nationale au Sri Lanka. On le consomme très sucré et avec un nuage de lait, un héritage de la tradition anglaise.

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Les thés de Ceylan sont les thés les plus exportés au monde. 95% de la production de thé du Sri Lanka, cet « or vert », part à l’étranger.

Le thé de Ceylan est le thé incontournable du petit déjeuner et du tea time !

Si vous aimez le thé noir, le Sri Lanka est aussi une jolie destination de voyage. On la surnomme « l’île resplendissante » pour ses paysages verdoyants, modelés par de grandes plantations et traversés par une multitude de cascades. Vous pourrez découvrir la Route du thé et séjourner dans un hôtel de charme avec ses maisons de planteurs authentiques d’où vous pourrez admirer les plantations de thé. Un planteur de théiers pourra vous initier à la culture du thé : plantation, art de la cueillette, procédés de fabrication et dégustation. Et c’est sans parler des belles plages et magnifiques montagnes de cette île…

 

Crédits photos : Daily FT, Pixabay, migrationology.com

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